Ma fille du diable, Guy Jimenes

Auteur : Guy Jimenes
Illustration : Croune
Editions : Barbedogre
Sortie : mai 2020

Roman - à partir de 13 ans

Jean, fils d'épicier, est un grand joueur de cartes qui n'hésite pas à dilapider la petite fortune de ses parents pour assouvir sa soif de jeu. Pourtant, cette fois, le pari est plus que risqué car, sans le savoir, c'est le Diable qu'il affronte et qui s'y frotte s'y pique, celui-ci a bien l'intention de s'amuser un peu et s'apprête à lui jouer un drôle de mauvais tour... Il contracte auprès de lui une dette, pour la rembourser et sauver sa vie, Jean devra sortir vainqueur de trois épreuves, il pourra compter sur l'aide d'une des trois filles du Diable.

Dans ce conte écrit à la manière d'une farce, Guy Jimenes prend plaisir à s'inspirer des troubadours et conteurs d'autrefois, de la tradition orale et écrite des contes (codes, personnages, stéréotypes) tout en s'en moquant gentiment avec humour à travers la voix de son narrateur, le personnage du Diable qui fait preuve de beaucoup d'assurance et d'autodérision.

Il s’apprête à livrer la véritable histoire, celle qui ne s’encombre pas de détails inutiles, s’adressant directement au lecteur qui devient complice de sa farce et sème dans le texte des indices concernant son diabolique dessein. S’exprimant d’une manière à la fois familière et soutenue, avec ironie ou avec panache, il puise dans le vieux français pour en tirer quelques expressions qui mettent le lecteur en contexte et en contact avec la langue, dont il use et abuse.

Il incarne ici le Malin dans toute sa splendeur : fourbe, moqueur, calculateur, il se montre impatient et joueur, pourtant, il revêt aussi une part d’humanité, il ne se montre pas sous sa véritable forme pour ne pas effrayer le lecteur, il veut se réapproprier son histoire, il est aussi un père, au fond, il a tout de même bon cœur, même s’il ne veut pas s’avouer vaincu. Ce personnage nous touche et l’on s’attache à sa drôlerie.

Croune vient ponctuer le texte de quelques illustrations en noir et blanc, pas tout à fait effrayantes mais à l’identité graphique particulière qui frôle le grotesque : il explore le territoire de l’onirique en nous offrant une vision du récit entre le rêve et le cauchemar.

Thèmes explorés : le conte, l'aventure

Sarah Kaou