Luis Sepúlveda, Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Luis Sepúlveda, Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, traduit de l’espagnol (chilien) par Anne-Marie Métaillié, 

Suite hispano-américaine, Métailié, 1996.

 

 

Prix Sorcière 1997 de l'Association des libraires spécialisés jeunesse

Prix 2004 de la Cité des Livres Cherbourg-Octeville 

 

Une mouette tombée sur un balcon…

Un gros chat noir, nommé Zorbas…

Un joli poussin, la petite Afortunada…

Un magasin d’antiquités encombré,  « Harry, Bazar du Port »

Une encyclopédie

Un humain poète 

Une bande d’animaux un peu bizarres : 

Un singe pas très malin, buveur de bières, Matias 

Un chat antiquaire, nommé Jesaitout

Un chat secrétaire, Secrétario

Le chef de tous les chats du port de Hambourg, Colonello

Un chat de mer, Vent-Debout 

Une jolie chatte blanche et noire, Bouboulina

 

Et voici les aventures d’une bande de chats et d’une petite mouette qui doit apprendre à voler….

 

Tous les ingrédients de la littérature de jeunesse sont réunis dans cette fable écologique où l’entraide et la solidarité sont victorieuses de la mort, de la destruction de la nature et de la tristesse. L’art d’apprendre à grandir y est mis en scène grâce aux aventures d’un chat, Zorbas, et d’une petite mouette qui devra quitter son balcon pour s’élancer dans le vaste monde. 

 

Dans une langue classique, simple et savoureuse, à travers un humour permanent, Luis Sepúlveda livre une fable contemporaine, éco-critique d’une société engluée par la pollution et nous fait réfléchir à notre simple condition humaine et notre acceptation de la différence : quel monde voulons-nous contre la barbarie ? 

 

Gravité et diatribe contre les méfaits des humains avoisinent avec les traits d’humour les plus cocasses dans ce conte. Les noms des personnages, qui distillent aussi leurs qualités, sont empreints de tendresse et de poésie, les lieux, comme le port de Hambourg où a vécu Sepúlveda, sont emblématiques de la marginalité où tous ces chats, rebuts de la société, sont pourtant utiles et essentiels grâce à leur entraide et leur dignité, et surtout, l’aide d’un humain- poète est la clé de la survie. 

 

Cette micro-société animalière nous enjoint à placer le savoir et la poésie au cœur de l’action : « le savoir a besoin de temps » dit le chat Jesaitout, elle est un reflet de ce que les hommes pourraient faire ensemble, s’ils le voulaient. Les luttes collectives, chères à Sepúlveda, engagé politiquement contre les dictatures, emprisonné dans les geôles de Pinochet, condamné ensuite à l’exil et pour qui raconter c’est résister, peuvent gagner sur l’égoïsme et le défaitisme. 

 

La promesse contre-nature que fait Zorbas à la mouette Kengah : couver son œuf, puis apprendre à voler à son petit une fois qu’elle sera morte, sera pourtant tenue, envers et contre tout !  Foi d’animal ! 

 

 

Anne Schneider

 

Bibliographie :

 

Catherine Sevestre, Le Roman des contes, Étampes, Cédis Éditions, 2001, p. 329-332.

 

https://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article391

 

https://www.telerama.fr/livre/lecrivain-chilien-luis-sepulveda-est-mort,n6627923.php