Jean Perrot : Entre littérature comparée et Littérature de jeunesse : Un propos international ou Les labyrinthes de la Recherche et de l’Amitié

Entre littérature comparée et Littérature de jeunesse :

Un propos international

ou

Les labyrinthes de la Recherche

et de l’Amitié

 

Introduction. Dans la logique de l’échange symbolique

Lorsque Francis Marcoin et Danielle Dubois-Marcoin (que j’ai eu le plaisir d’entendre récemment développer leur vision du Romantisme à la Bibliothèque de l’Arsenal)m’ont proposé de venir présenter mes travaux au Centre Robinson d’Arras et de « retracer un itinéraire intellectuel passant par des actions et des engagements. », c’est avec un grand bonheur que j’ai accepté. En même temps, dois-je l’avouer, j’éprouvai une certaine inquiétude : allais-je dérouler platement et ennuyeusement le fil de mes publications et des congrès organisés par l’Institut international Charles Perrault fondé en 1994 ou jouer sur l’anecdote? Ce second parti serait plus divertissant, il est vrai, et permettrait d’échapper au narcissisme envahissant qui guette tout récit de vie. Par exemple, je pourrais vous livrer en détails les péripéties d’un voyage au Brésil effectué en 1997 avec Annie Perrot sur une invitation de Max Butlen, alors attaché culturel à Säo Paulo, et en relation  avec le Laboratoire Jeu et Jouets de l’université Paris Nord créé en 1981. De Säo Paulo, Rio de Janeiro à Belo Horinzonte et Brasilia, j’exposais alors l’aide culturelle qu’offraient les albums français, intervention dont rend compte un article de notre collègue Tizuko Marchida Kishimoto intitulé « Os livros-vivos franceses. Um novo paraiso cultural para nossos amiguinhos, os leitores infantis » publié dans O Bringar e suas teorias (Du jeu et de ses théories).[1] Pour rendre l’épisode intéressant, je pourrais encore raconter comment nous avons alors été invités dans une favela, un lieu de grande pauvreté et là comblés de cadeaux, qui nous gênaient plutôt, mais aussi chaudement protégés, lorsque à la fin de la réunion, on nous dit que deux bandes rivales étaient dehors en train de régler leurs comptes à coups de fusil et de pistolet. Ce fut là un bel exemple de l’échange symbolique, du don et du contre-don, qui régit les sociétés primitives selon Marcel Mauss et qui, semble-t-il, commande les rapports culturels auxquels la littérature pour la jeunesse ne saurait échapper.

Je suppose aussi que vous ne serez pas directement intéressés par la description détaillée des universités d’été organisées à l’Institut avec l’aide de Sophie van der Linden, auteur de Lire l’album(2006), ou par les débats portant sur la lecture des textes proposés au Prix Charles Perrault de la Critique, comme sur les créations du Prix Graphique auquel devait participer Janine Kotwica. Je n’insisterai pas, non plus sur les enjeux de la formation des bibliothécaires pour la jeunesse créée à l’université Paris XIII avec Michel Mathieu-Colas, spécialiste avec son épouse, du Club des Cinq, et Jacques Tramson, auteur d’une thèse sur la bande dessinée. Je mentionnerai simplement la création de la filière MST (Maîtrise des Sciences et Techniques des Spécialistes Socioculturels de l’Enfance et de l’Adolescence qui n’eut qu’une existence passagère, mais surtout celle du DESS des Sciences du jeu de Gilles Brougère et Michel Manson, offrant de nouveaux débouchés professionnels aux étudiants. Ces exemples de participation institutionnelle représentèrent pourtant des moments intenses de communication et d’amitié, de réunions, sinon de réussite.        

Plus sagement, dans la présente aventure à la Robinson, j’emprunterai donc une voie moyenne et, après avoir vu le tableau « Le Labyrinthe d’amour » du Tintoret, si riche en densité baroque, en ce moment exposé au Musée du Luxembourg et dans un esprit de partage, je tenterai de cerner les facteurs qui, dans un dédale complexe (le mot « dédale » est plus prosaïque !) d’amicales (et non amoureuses !) participations nationales et internationales, contribuèrent à ce que l’on pourrait appeler un parcours universitaire, le mien touchant à sa fin. Un parcours comme tous, marqué par les surprises de la rencontre et de l’imprévu : pouvais-je imaginer, en effet, lorsque je participais en 1988 avec Jean Gattegno à la soutenance de thèse d’Isabelle Nières (ma première participation à un jury de thèse !) que je travaillerais, des années plus tard, avec elle et une centaine de collègues à la rédaction du Dictionnaire de littérature de jeunesse paru en 2013 ? Que Janine Kotwica, qui fut une de mes premières étudiantes amiénoises, y rédigerait plus d’une trentaine de notices et m’inviterait à faire une conférence sur Alain Gauthier au Centre André François le 6 juin 2012 ? Ou encore, lorsqu’avec Pierre Bruno en 1994, nous allions présenter au maire d’Eaubonne le projet de l’Institut Charles Perrault, dont il fut un temps directeur, que je contribuerais au livre dirigé par Pierre et Bernadette Poulou dans l’hommage rendu à Denise Escarpit et publié l’an dernier ? Dans ce voyage aussi, j’ai pu préfacer le livre de Danielle Henky au titre significatif pour notre propos,L'Art de la fugue en littérature de jeunesse, sous titre: Giono, Bosco, Le Clézio, maîtres d'école buissonnière, (« l ‘école buissonnière », tentation permanente de l’adulte ?) et ceuxdeNathalie Prince, Roberta Pederzoli ou de Muguras Constantinescu. Et il y aurait aussi toutes les soutenances de thèse sous ma direction : celle de Christa Delahaye, répondant déjà à l’esprit de cet exposé en 1995 avec un titre significatif : Le Romanesque du voyage et la littérature de jeunesse en France dans la deuxième moitié du XIXème siècle, celles de Jocelyne Béguery-Cuniot, Hasmig Chahinian, Christian Poslaniec. Et d’autres encore, l’une en Suède, de Catherine Renaud sous la direction de Lena Käreland et plusieurs dirigées par IsabelleNières, comme celles d’Isabel Vila Maior, Eléonore Hamaide, Florence Gaiotti, Gilles Behotéguy, et certaines qui sont maintenant mystérieuses pour moi, comme celle de Monsieur Almeida (D’) Amakoe rédigée sous la direction du Professeur Jacques Chevrier, mon « co-turne » de Saint-Cloud, en 2004.Sans oublier la soutenance (à laquelle j’ai assisté en 2000 et au titre significatif, car elle semble, au tournant du siècle, avoir mis en mouvement tout le travail littéraire aujourd’hui mobilisé par le Centre Robinson) de Danielle Dubois-Marcoin : La Momie de Robinson. Aspects d'un détournement de texte (la robinsonnade enfantine dans la France du XIXème). Si bien que mon angoisse ultime sera d’avoir « oublié » de citer quelqu’un dont la relation a été décisive pour ce récit ou de ne pas citer correctement un nom - comme ce fut le cas, dans un état des lieux de la recherche -  pour Nadine Decourt qui sous ma direction a soutenu sa thèse en 1990, La Vache des orphelins : nouvelles pratiques interculturelles du conte.

Cet exposé en fait est marqué par les aléas et la densité humaine de l’Histoire, car il « solde » le cinquantenaire de mon enseignement : c’est en 1967-1968 que je commençai à l’université d’Amiens, avant d’être nommé à Paris XIII en 1970, à traiter en « Littérature Comparée » le thème de « La Décadence littéraire en Europe », thème qui nous était imposé par le professeur Jean de Palacio de l’université de Lille dont nous dépendions. Il n’existait pas alors de cours sur la littérature de jeunesse, sauf le séminaire de Marc Soriano, philosophe de formation. Il n’est pas étonnant que ma thèse mise en œuvre pendant une dizaine d’années et soutenue en 1980 ait eu pour titre « Henry James et la Décadence », montrant comment la production de cet écrivain international s’inscrit en partie dans un rapport critique à ce mouvement littéraire. Ce livre serait prolongé par un autre, Henry James. Une écriture énigmatique (Aubier, 1982) dont plusieurs chapitres traitent de l’enfance, l’un étant intitulé « Fétichisme et nécrophilie de l’enfant victorien ». Des visites intermittentes à l’œuvre de James a résulté aussi en 2014 une étude en anglais Henry James’s Enigmas Turning the Screw of Eternity (Bruxelles. P.I.E. Peter Lang), retour significatif dans le labyrinthe personnel marqué, sinon par un modèle, du moins par une incoercible volonté de libération.    

C’est donc dans le contrepoint d’une possible aliénation de l’enfance contemporaine, et dans la logique exposée par Pierre Bourdieu dans Les Héritiers (1964) et par René Balibar dans Les Français fictifs (1974), que je rédigeai l’un des articles qui m’a paru rétrospectivement important ; « L’avant-garde dans la littérature de jeunesse » publié dans Les Cahiers de Littérature générale et comparée en 1978[2] par Denise Escarpit. Celle-ci avait organisé un premier colloque appelé « séminaire » sur la littérature d’enfance, plus particulièrement consacré aux livres d’images pour la première enfance » en 1972, comme l’a remarqué Florence Gaiotti dans l’hommage déjà cité[3]. L’avant-garde, comme signe d’une visée concernant l’avenir ? Un « effet de manifeste » avec François Ruy-Vidal, Harlin Quist, Tomi Ungerer ? L’avant-garde, comme « l’affirmation volontariste de la subversion » et de « l’effet de transformation » d’une nouvelle morale ? J’y reviendrai en 1985 avec l’article « Avant-garde et littérature de jeunesse. Le statut du lecteur enfantin. Constitution d’un champ littéraire autonome.[4]» Ce champ labyrinthique qui nous réunit aujourd’hui et qui est loin d’être clos.

Précisons ici toutefois, que j’ajoutai à un premier programme du cours de licence amiénois le thème de la poésie révolutionnaire, car nous étions bien en 1968 ! Année aussi de la publication des Contes de Perrault de Marc Soriano qui a contribué à me lancer sur une nouvelle piste...

 

I. Les hésitations du chercheur écartelé entre l’est et l’ouest, critique et poésie, politique et pédagogie

Un premier temps d’euphorie passé après la réception de l’invitation de Francis Marcoin, je me suis rendu compte du travail de remémoration qu’impliquait ma présentation : un bon moyen de lutter contre un éventuel Alzheimer naissant ? Mais comment se situer aujourd’hui dans le cadre des tableaux historiques offerts successivement par Francis Marcoin dans son étude de 2005 « Critiquer la littérature de jeunesse : pistes pour un bilan et des perspectives[5] » et par Mathilde Lévêque dans « Panorama de la recherche en littérature de jeunesse en France, 2013-2014[6] » La littérature de jeunesse n’a pas encore aujourd’hui de section au CNU (Conseil National des universités) et le tableau récapitulatif donné dans ce second article indique que sont seulement concernées « Littérature française et francophone dont Didactique et Littérature générale et comparée ». Comment donc intervenir en tant qu’angliciste initial? Fort heureusement dans sa conclusion, Mathilde Lévêque précise aussi : « Enfin, et non des moindres, l’une des perspectives qui à mon sens doit intéresser les chercheurs en littérature de jeunesse en France est l’indispensable ouverture internationale. » (p.11)

Une ouverture qui avait suscité d’emblée ma détermination exprimée plus tard dans le titre de l’ouvrage La Littérature de jeunesse au croisement des cultures publié sous ma direction et avec l’aide de Pierre Bruno en 1993 par le CRDP de l’Académie de Créteil. La bibliothèque de Sarajevo venait tout juste de brûler, mais une « révolution copernicienne s’opérait dans l’édition », comme le rappelait l’introduction. Huit pays étaient représentés couronnés par un « bouquet francophone final ». En 2004, c’est en anglais (l’anglais étant la langue dominante souvent obligée dans l’organisation des congrès) que parut mon article« Research and Children's Literature in France: A Crossroadsof Disciplines.[7] », article commenté par Maria Nikolaïeva dans le « Project Muse » de la même année comme venant du « foremost ambassador of French Children’s literature. »[8]  (ceci dit sans fausse modestie !)

Pour éclairer cette dimension internationale, sachez toutefois qu’après l’agrégation d’anglais, je suis parti pour un an à Saint-Pétersbourg, autrefois Leningrad, où j’ai enseigné à l’université comme lecteur. C’est là qu’un Professeur, venant donner une conférence en 1963, me suggéra de rédiger une thèse sous son autorité. Le poids des rencontres peut être décisif dans l’itinéraire d’un chercheur ! Et qui choisir comme écrivain de cette Venise du nord, sinon Dostoïevski dont j’étudiais les Ecrits dans un souterrain avec mes étudiants russes ? Ces derniers étaient d’ailleurs ravis, car l’œuvre sentait encore le fagot dans le stalinisme dominant de ce temps-là... Je n’avais aucune idée précise en m’engageant dans ce domaine et j’acceptais dans le brouillard de la lumineuse ville du nord d’explorer la réception de Dostoïevski en Europe : l’ouverture européenne était déjà un fantasme qui devait se matérialiser dans L’Europe, un rêve graphique ? doublé d’une traduction en anglais (Europe. A Dream in Pictures, trad. Andrew Hill) étude de l’Institut sur les albums des « enfants de la vidéosphère » publiée chez L’Harmattan en 2001 avec la participation de quatorze pays.

Le choix de ce premier sujet de thèse eut aussi des résultats immédiats et je publiais alors successivement :

"Dostoïevski, aristocrate grand russe", numéro spécial revue  Europe, oct. 1971, pp 1-24.

"La machine du roman dostoïevskien", Poétique, n°13, 1973, pp. 55-73. avec la complicité de Tsvétan Tododrov...

"Le fantastique philosophique dans les romans de Dostoïevski", Dostoïevski, Cahiers de l'Herne, 1973. pp. 224-235.

 

Très vite devait suivre un article montrant les liens qu’un narrateur de Camus entretient avec le personnage des Ecrits dans un souterrain. Il s’intitule :

"Le Descartes dostoïevskien de La Chute d'Albert Camus", numéro spécial Albert Camus, Revue des Lettres Modernes, Minard, 5, 1972, pp. 129-153.

   Et ces articles ont été précédés d’une toute première étude : “Cholokhof  Mikhaïl” in Encyclopaedia Universalis, vol. 4, 1971. La littérature russe fut donc un point de départ et affirmons dès maintenant qu’elle sera peut-être aussi un point d’arrivée (toujours le retour du labyrinthe !). En effet, un dernier exposé à l’université américaine de Paris en décembre 2016 va paraître dans les actes du congrès sous le titre ”Henry James’s Figure in Nikolai Leskov’s Carpet.” (L’Image de Henry James dans le tapis de Nicolas Leskov). Leskov, autant que Tourguéniev, a aidé l’écrivain américain à rédiger La Princesse Cassamassima avec son romanНекуда(Sans issue)qui n’a pas encore été traduit en anglais ni en français.

Concernant mon cours sur la poésie révolutionnaire lié à mon engagement, cette influence devait aussi intervenir dans d’autres publications :

"Poèmes politiques ou la stratégie du déplacement”, Littérature, n° 23, oct. 1976. pp. 102-116.

"Eluard ou le pouvoir du mot », Le Français Aujourd'hui, n° 40, déc. 1977. pp. 93-94.

"Rhétorique mystique et rhétorique révolutionnaire de Paul Eluard", Littérature, Le Signe et son double, n°25, fév 1977. pp. 64-82.

 

Une stratégie du déplacement liée au pouvoir des mots  et de la poésie ? Les multiples portes du labyrinthe sont dès maintenant établies pour tout lecteur qui voudra s’y risquer...

 

II. L’engagement du chercheur: « une envolée à la belle étoile »

Comment, me direz-vous, en venir à Henry James, puis à l’enfance dans un tel contexte ? C’est là que la magie de la lecture a pu intervenir : à vrai dire, je m’ennuyais ferme avec la réception en Europe de l’écrivain russe devenue une charge. Dans un dilemme vital, il importe de savoir changer son fusil d’épaule ou d’en avoir deux simultanément. La lecture du Tour d’écrou (The Turn of the Screw)nouvelle de 1898, fut alors décisive. Le récit fantastique de la narratrice jamesienne, gouvernante perverse racontant ce qui peut être considéré comme la mort d’un enfant provoquée par sa déraison devant l’apparition supposée de fantômes, était bien plus palpitant et je travaillais à mon nouveau sujet de thèse dans les années 1970.     

La mort d’un enfant donnant la clef d’une ouverture à la littérature de jeunesse ? Quel paradoxe, vous exclamerez vous ! En réalité, l’influence était enracinée plus profondément dans les Contes de Perrault et notamment à travers le mythe des jumeaux que Marc Soriano a brillamment mis en lumière. C’est ici que joue la mythologie familiale toujours importante dans la création, comme l’a montré Didier Anzieu dans son livre de 1981 Le Corps de l’œuvre[9]. Anzieu faisait d’ailleurs partie de mon jury de thèse et a eu recours à mon étude sur Henry James dans sa démonstration.Et ces contes ne rapportent-ils pas la revanche d’un héros handicapé par sa naissance dans une société hiérarchisée : la revanche du cadet, Petit Poucet ou princesses de Riquet à la Houppe ? Et donc, de Perrault (a.u.l.t) « né jumeau », comme celui-ci le déclarait dans ses Mémoires, à Perrot (o.t), n’y avait-il pas un appel du signifiant impérieux, comme je le suggérais dans la conclusion « Jeux de mains et nom du père : la trace ou la signature » de Jeux graphiques dans l’album pour la jeunesse?[10] (1991)  Une invitation à la réplique ? Un authentique « tour d’écrou » du signifiant ? Je reviendrai d’ailleurs aux jumeaux en 2002 avec l’article « The Twins as Story-tellers in Erich Kästner’s Works for children.[11] »

 Pour en rester aux jumeaux, précisons que nous étions deux dans la même poussette avec mon frère, lorsqu’on nous transportait la nuit à la sacristie de l’église de notre petite ville afin de nous protéger des bombardements. Et les gens de s’exclamer et de demander à notre mère : « Vous avez des jumeaux ? » Et ce que Soriano attribue aux effets de la fierté de « la mère des jumeaux » a pu jouer ici dans l’inconscient de mon travail littéraire. Pourtant, disons-le, une autre raison est plus « raisonnable », sinon plus raisonnée que la raison psychanalytique : c’est Annie Perrot qui devait m’ouvrir une nouvelle voie et tempérer l’influence dominante de Henry James. Car, professeur à l’École Normale d’instituteurs du Val d’Oise, puis à l’IUFM de Cergy Pontoise, elle attira mon attention sur la nécessité de l’engagement pédagogique du chercheur, en participant à la rédaction du guide Les Indiscutables, 99 livres pour bâtir une BCD en 1994 du CRDP du Val d’Oise et en rédigeant plusieurs articles dont « Le conte et les apprentissages conceptuels » dans Le Français Aujourd’hui.[12] C’était l’époque de l’intervention des universitaires dans les centres de formation : une liaison fut donc établie entre l’université Paris-Nord et l’Ecole Normale de Livry-Gargan-Le Bourget où je pus donner des cours et m’impliquer dans une visée pratique de l’enseignement de la littérature de jeunesse pendant plusieurs années. Par ailleurs, la réforme des DEUG et les cours du Certificat d’aptitude aux fonctions de Bibliothécaire option Jeunesse que je créais à Paris XIII en relation avec l’École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques(ENSSIB) m’amenèrent à m’impliquer plus complètement dans ce domaine : une licence de lettres, puis des cours de maîtrise incluant la littérature de jeunesse furent créés. C’est à un de ces cours que participa Christine Plu qui rédigea sa thèse sur Georges Lemoine. Serge Martin aussi fit partie de cette aventure, lui qui produisit l’article « La face figurée ou le visage de nos besoins animaux : Solotareff de visu » dans Visages et paysages du livre de jeunesse (L’Harmattans,1996). Il vient d’ailleurs de publier Ta résonance, ma retenue (Tarabuste 2017), recueil de poèmes adressés à son épouse Marie-Claire, avec qui il a publié en 2009 Quelle Littérature pour la jeunesse ? (Klincksieck, 2009). Bien entendu, je lui ai répondu sur son site internet avec le texte « Ma résonance, sans retenue... ».

Je signai donc mon acquisition à l’étude du secteur éditorial du livre pour la jeunesse avec un premier article intitulé « Une pratique de l’analyse » publié dans ce qui n’était alors que Le Bulletin d’analyse du livre d’enfants édité par la Joie par les Livres N° 39 de septembre-octobre 1974, inaugura la contribution à ce qui allait être La Revue des livres pour enfants. Long parcours émaillé au fil des années de plus de vingt articles et conclu dans le N° 293 de février 2017 avec l’étude « Le grand jeu de Marie-Aude Murail dans les arcanes de la psychanalyse », article dans lequel je me suis fondé sur l’étude de Didier AnzieuLe Moi-Peau[13].

Mon véritable début de critique en littérature de jeunesse, toutefois, intervint avec l’article « Les Voyageurs sans souci ou le vol à la belle étoile » publié dans Le Français aujourd’hui, revue de l’Association Française des enseignants de Français, N°36 de décembre 1976. L’auteur de ce livre publié en 1970 dans la « Collection internationale » dirigée par Isabelle Jean chez Nathan était madame Marcelle Lerme-Walter, femme d’un grand humour, et qui organisa une exposition, « Évolution de la littérature enfantine des origines à la fin du XIXe siècle » du 8 décembre 1973 au 26 janvier 1974.L’héroïne du roman, Mlle Séraphine Alavolette de Plumauvent, une femme un peu sorcière, d’une gaité et d’une fantaisie extraordinaires entraîne enfants et lecteurs dans un parcours original. Je la prendrais volontiers comme bannière de l’esprit d’enfance sans souci et « à la belle étoile », même si aujourd’hui son humour pourra paraître plutôt suranné... Ma collaboration au Français Aujourd’hui (dont l’article du N° 101« Culture d’enfance orale, écrite, télévisuelle » rédigé à partir des travaux de David Riesman) allait durer au moins jusqu’en septembre 1993 avec l‘article « Le Roi Mathias1er de Janus Korczak ou l’or secret du nom » dans le numéro 103 de septembre. La revue abriterait aussi « L’Album, nouveau genre littéraire » en 1983.

   Et, puisque nous en sommes aux revues, mentionnons celle, éphémère, de Geneviève Humbert Janus Bifrons, revue universitaire de l’adolescence de Strasbourg qui accepta l’article « L’an 1 du récit structuraliste pour la jeunesse » du 1er janvier 1979, placé sous l’autorité de Claude Lévi-Strauss. Ou encore auxÉtats-Unis, la Children‘s Literature Association Quarterly où parut en 1989 « Written from the International Androgynous ! A Plea for our common Hide and Seek ![14] » (« Écrit du point de vue de l’androgyne international : plaidoyer pour notre banal jeu de cache-cache ») dans lequel le jeu sur le signifiant portait sur mon prénom (Jean) désignant le masculin ou le féminin en fonction de la prononciation due à l’appartenance nationale... Un jeu narcissique, direz-vous ? Ou, plutôt, une libération de l’image du Moi? Comme le montrait, dans un autre esprit, mais toujours aux États-Unis, Sankofa (revue dirigée par Meena Khorana, avec ma contribution: « On the Road of independence: from emergence to convergence of images of the self in South Africa », vol 6, 2006). Il y aurait aussi, dans le désordre, les revues Argos, Nous voulons lire, Griffon, Citrouille, Pratiques, La Grande Oreille, Livres Jeunes aujourd’hui, Inter-CDI, Bookbird, Tratti, Compar(a)ison, Canadian Children’s Literature/La littérature canadienne pour la jeunesse avec « Shall we burn our goddess Theory ? » Spring 2006.), The Lion and the Unicorn, Liber, etc.    

Et, bien entendu, les généreux Cahiers Robinson m’ont largement abrité en publiant par exemple l’article « L’imagination de la méthode : le franchissement des montagnes ou l’initiation » en 1997 et un autre intitulé « Librairie de jeunesse et littérature industrielle » en 2006. En ce printemps 2018 enfin, y paraît un clin d’œil à la littérature italienne : « Sur les traces de Pinocchio, de la critique à la création », compte rendu du livre d’Elena Paruolo Il Pinocchio di Carlo Collodi e le sue riscritture in Italia e Inghilterra (Aracne editrice,2017). Culte littéraire de l’enfance résumé dans une communication présentée au 9ème congrès de  l’I.R.S.C.L (International Research Society for Children’s Literature) à Salamanque en 1989 sous le titre « Pan and Puer Aeternus[15] ». Elles rappelaient l’obligation de l’engagement international de l’article "The Duty of Internet internationalism. Roald Dahls of the World, Unite !"[16] Et c’est sur le site internet de l’université de Clermont-Ferrand que paraîtrait « Ipomée, jardinier du sublime », communication de mars 2010 à la journée organisée par Nelly Chabrol-Gagne...                                                                                                                                                

III. Le mythe et la logique culturelle des Lettres : du texte à l’image

Et donc, exigerez-vous, remettons un peu d’ordre chronologique dans l’exposé. Le premier livre important publié ; Mythe et littérature sous le signe des jumeaux écrit « en déférent hommage à Marc Soriano » (Presses universitaires de France, 1er trimestre 1976), fut rétrospectivement l’occasion d’une préparation à la rédaction de ma thèse conduite simultanément. Pour faire bref, j’y montrai comment, en remontant aux origines latines (L’Amphitryon de Plaute) et même aux cultures les plus anciennes, le mythe du double et des jumeaux a mis en jeu un « etymon » spirituel (pour employer alors la formule de Léo Spitzer) qui se retrouve remodelé, depuis Plaute (« C’est moi qui suis Sosie », déclare le Mercure de la pièce), puis chez William Shakespeare, Edgar Poe et jusqu’au Crépuscule des Dieux d’Elémir Bourges. Shakespeare, en effet, avait deux jumeaux, Hamnet et Judith et dans le chapitre intitulé « Nativités et Pâques gémellaires », on en voit paraître la mise en scène littéraire dans La Comédie des erreurs (1590 ?) dans laquelle deux frères jumeaux comme leurs serviteurs, sont d’abord séparés, puis réunis dans le temple de Diane à Ephèse. Le mythe intervient, entre autres pièces, dans Le Soir des rois (Viola et Sébastian, jumeaux de sexe différents) jusqu’aux derniers remous du Conte d’hiver (1612 ?), dans lequel Polixénès déclare : « Nous étions pareils à des agneaux jumeaux qui folâtraient au soleil... » Le mythe a donné lieu à un système de signification qui, avec l’aide de René Zazzo et surtout de A.G. Greimas a pu être mis en relief dans le jeu du « carré sémiotique » et de « l’hexagone logique » de Robert Blanché (Nous étions alors en plein structuralisme !). La même aventure emporte le lecteur d’Edgar Poe qui, père de deux jumeaux nés en 1830, par un retournement du drame shakespearien (dans la nouvelle William Wilson) en a fait la « satire Ménippée » (Mikhaïl Bakhtine ?), comme dans les nouvelles La Chute de la maison Usher, Ligeia et Morella, etc. Dans cette étude, en réalité, j’étais, en fait en train de préparer ma thèse, car Henry James, admirateur d’Edgar Poe, et son frère William le psychologue célèbre, dans le contexte des travaux de Francis Galton sur l’hérédité (Le Génie héréditaire, 1869), ont fonctionné sur le même principe d’identification.

Ce développement nous conduit à un premier livre portant sur la littérature de jeunesse : Du jeu, des enfants et des livres (dédié à Annie Perrot, Les Editions du Cercle de la Librairie, 1987). Le volume repose sur la dynamique de l’imaginaire ludique exploré et reconstruit : depuis la « surprise » (le cadeau) qu’offre l’adulte pour sceller une bonne communication familiale jusqu’à la « bêtise » de l’enfant qui enfreint les lois du code relationnel, tout un espace imaginaire se déploie mettant en relation les dons du Père Noël, les fantaisies du Carnaval et les pétards du Quatorze Juillet. Une sociologie de la lecture peut ainsi évaluer les « livres qui jouent gagnant », depuis les « livres dont vous êtes le héros », ceux qui suscitent « le rire à fleur de peau » ou ceux qui encore donnent à voir « les miroirs de l’enfance ». Leur but ultime peut être d’amener le lecteur à « parler comme un livre ». De toute façon s’engage un processus conduisant aux « déambulations de la liberté », intellectuelle ou affective soldant l’enjeu de la culture... Et je viens ici de vous communiquer les titres des divers chapitres du volume conduit sous la férule de Philippe Ariès, Christian Bruel, Bruno Duborgel, Monique Chassagnol et quelques autres.

Il y avait là une étude qui appelait les développements diversifiés du livre Art Baroque, art d’enfance (Presses universitaires de Nancy (1991), préfacé par Marc Soriano et dédié « A celle ou celui qui doit naître », de nos petits-enfants. A partir de Théorie du nuage d’Hubert Damisch et  de Le pli, Leibniz et le baroque de Gilles Deleuze, mais aussi du tableau Les Ménines (1856) de Vélasquez, j’y égrenai toutes les perles du baroque qui se sont présentées à mon œil : depuis les jeux de perspective de Jean Claverie dans Le joueur de flûte de Hamlin et autres albums, les raffinements de Frédéric Clément dans La Chatte blanche et Le Luthier de Venise, les turbulences de Claude Lapointe, de Kelek et de Pef, comme de John Tenniel. Ouvertures, résurgences et libérations complotaient dans les illustrations des romans de Jules Verne et Michel Tournier, nous emmenait sur les traces de Leibniz, tandis que Claude Roy nous enchantait dans ses Enfantasques. Démarche qu’illuminait un « Petit traité de l’arc-en-ciel », et qui mettait en scène le triomphe des anamorphoses révélées par Jurgis Baltrušaitis[17] et le retable vénitien du Sourire qui mord. Panaches de la lettre, prismes, spirales et constellations seraient suivis des origamis japonais de Martine Delerm et des divagations burlesques du poète dans Victor Hugo s’est égaré de Philippe Dumas.

Je n’évoquerai qu’en passant l’article « Le Double Jeu du conte » publié dans Contes et divans de René Kaës dans la collection Culture et Inconscient en 1984, et, de même, ma contribution « Klaus Ensikat, magicien de la ligne et de l’encre”[18] incluse dansExposition Imaginaires; Illustrateurs en Seine Saint-Denis, Centre de promotion du livre de jeunesse-Seine Saint-Denis en 1993. Laissons aussi de côté la publication de Tricentenaire Charles Perrault, Les Grands Contes du XVIIème Siècle et leur fortune littéraire (1998), autre labyrinthe de l’amitié et témoignage du congrès qui eu lieu à l’Institut.

J’aborderai maintenant le livre qui incarne le mieux à mes yeux la perspective passionnante des rencontres internationales : Culture, texte et jeune lecteur (Presses universitaires de Nancy, 1991). Ces presses ont cessé de paraître et il importe de souligner ici une certaine fragilité des maisons intéressées par la littérature de jeunesse dans le labyrinthe éditorial. Ce livre est le résultat d’un autre congrès que j’organisai en tant que représentant du Laboratoire Jeux et Jouets de l’université Paris-Nord et membre du Bureau de l’IRSCL (International Research Society for Children’s Literature), société invitée à Paris pour son congrès bisannuel : la rencontre fut précédée d’une allocution du Président du Centre national des Lettres et eut lieu à l’amphithéâtre Poincaré du Ministère de la Recherche et de la Technologie grâce à l’aide du Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports et du Centre national des Lettres, ces soutiens témoignant des efforts alors consentis par un gouvernement pour la lecture... une conjonction difficile à réaliser de nos jours !

Le sujet du congrès fut traité par une trentaine d’intervenants, dont certains malheureusement disparus aujourd’hui, de dix-sept pays (dont la Chine et les pays Africains) et on retrouvera dans la liste de ceux-ci un bon nombre des chercheurs français toujours actifs ; Isabelle Nières, Pierre Bruno, Mariella Colin, Rose-May Pham Dinh, actuelle [NDRL : en 2017] présidente de l’Institut, Nadine Decourt, Nicole Bilous et notre collègue belge Michel Defourny. L’introduction précisait le sujet qui nous réunissait: « la Logique culturelle des Lettres ». Considérant le champ spécifique de la littérature de jeunesse, les relations entre histoire et culture, les rapports entre images et textes, comme les méthodes d’analyse utilisées, l’itinéraire critique se terminait sur l’examen du lecteur et de ses modèles. La première partie était introduite par un « manifeste » de Zohar Shavit, auteur de Poetics of Children’s Literature (1986) montrant la nécessité de l’abandon des procédures traditionnelles de la critique en matière de littérature de jeunesse et l’urgence d’un recours à la poétique et à la sémiotique. Réflexion renforcée par l’intervention du brésilien Edmir Perrotti « Les échos de la « querelle » : littérature d’enfance : critique, éthique et esthétique ». Les contributions étaient parfois surprenantes, comme celle de l’australienne Rhonda Bunbury associée à la norvégienne Gunvor Risa et présentant le thème « Glace et soleil : les codes graphiques et la culture de l’album. » (C’est avec Rhonda que nous avons publié en 1990 une étude « Play and Humour in Australian Children’s Literature » dans les albums australiens pour la jeunesse[19] ) Il y avait aussi la contribution de la suédoise Lena Käreland, montrant comment le modernisme dans un récit de Tove Janson correspond à une redistribution implicite du mythe de Faust. Une attention particulière était portée à la critique féministe par Margaret Higonnet qui est actuellement Présidente de La FILLM (Fédération Internationale des Langues et Littératures Modernes) dont le prochain congrès aura lieu à Vienne le 13 juillet 2018 sur le thème » « The Contribution of Learned Societies to the Humanities. » Margaret a traduit et adapté mon étude « War and the Compulsion of Signs : Maurois’s Rite of Initiation » paru dans la revue Children’s Literature, volume 15, 1987.

En conclusion du colloque, Francis Marcoin dans son exposé « Sans fin la lecture », soulignait le fait que « Fondamentalement la lecture « est moins application de théories, qu’une pratique, un art de faire, ce braconnage dont parle Michel de Certeau » et que « la littérature de jeunesse ne constitue pas un matériau pour la psychologie ou la sociologie de l’éducation, mais que les propos savants nous touchent en ce qu’ils rencontrent la fiction et nous aident à raconter le monde. » (p. 307)       

 

IV L’Institut international Charles Perrault : un combat sur plusieurs fronts

Raconter le monde et aussi en faire la critique et défendre ses valeurs : telle était la fonction dévolue à l’institut qui abrita d’emblée en mars 1994 un colloque important. Les actes dirigés avec l’aide de Véronique Hadengue en furent publiés sous le titre Écriture féminine et Littérature de jeunesse l’année suivante par la petite maison d’édition La Nacelle avec le concours du Centre national des Lettres. Dans l’introduction, la réunion était placée sous le patronage de George Sand, à laquelle je devais revenir plus longuement dans Le Secret de Pinocchio. George Sand et Carlo Collodi (In Press Editions, 2003). Margaret Higonnet dans sa présentation « Diffusion et débats du féminisme » nous éclairait sur les stratégies narratives qui résultent de l’évolution des diverses « vagues » du féminisme, de la « Gynocritique aux « genderstudies ». Philippe Lejeune reprenait la démonstration de son étude Le Journal des demoiselles. Suzanne Pouliot présentait les jeunes « héroïnes modernes » de l’édition francophone canadienne. Lena Käreland soulignait les aspects du féminisme d’Astrid Lindgren, tandis que Marie Etienne déroulait « le fil de Pénélope » et que Nadine Decourt pratiquait « la collecte des contes avec un groupe de femmes immigrées ». De son côté, Jacques Tramson s’intéressait aux « femmes dans la B.D : une bande à part ? » et Xavière Gauthier dans « Disons à la vieille Europe les récits de l’humanité » abordait l’œuvre de Louise Michel, « une passion de jeunesse » qui a su « faire vibrer la douce voix des Kanak, » l’amenant facétieusement à se déguiser en homme pour signer son récit L’herbe de guerre (Syros Jeunesse, 1992).

L’engagement de l’Institut devait encore se manifester dans divers domaines. Prolongeant la perspective ouverte avec le colloque du Laboratoire de Recherche sur le jeu et le jouet de 1988 dont les actes sont parus en 1991 sous le titre Jeux graphiques dans l’album pour la jeunesse, signalons le livre  L'humour dans la littérature de jeunesse, Actes du colloque de mars 1997 (In Press, 2000).

En 1998, après l’attribution du Prix Hans Christian Andersen décerné à Tomi Ungerer, l’illustrateur est venu en personne animer les débats à l’Institut, débats dont résultèrent les actes bilingues donnés en français et en anglais (Tomi Ungerer’s Toys and Tales, In Press Editions 1998). Les communications d’un autre colloque de la même année seraient reprises dans Image-in », Culture de l’image, culture d’enfance. De l’image concrète aux animations du virtuel publié avec le concours du CRDP de Créteil en 2002 et dans Histoire, mémoire et paysage(In Press 2002) actes du colloque d'Eaubonne de mars 1999. Christine Plu, entre autres, y examinerait « Les métamorphoses du paysage chez Georges Lemoine », tandis que L’Institut et l’Harmattan sous la direction de Jean Foucault publieraient L’Imaginaire du jeune méditerranéenen 2002.

La même année, un colloque organisé par l’Institut et l’Union française du film pour l’enfance à la Bibliothèque François Mitterand devait aboutir à la parution de Pinocchio entre texte et image publié par P.I.E Peter Lang en 2003. L’ouvrage a rassemblé de nombreux spécialistes de l’écrivain italien : Ann Lawson-Lucas, traductrice du livre en anglais, Jaime Garcia Padrino, Isabel Violante, Gilbert Bosetti, Jean-Claude Zancarini qui a assuré la traduction française, Sylvie Martin-Mercier. L’importance internationale de l’écrivain a été soulignée par la diversité des participants étrangers : entre autres Alexandra Zervou, Himiko Suematsu-Ide, Lucie Embga Mekongo, Maria Da Natividade Pires, Albumita Muguras Constantinescu, Elena Paruolo. Cette dernière préparait déjà son livre,Il Pinocchio di Carlo Collodi e le sue riscritture in Italia e Inghilterra(Aracne editrice, 2017) et dont j’ai rendu compte dans le dernier numéro (N° 43, 2018) des Cahiers Robinson sous le titre « Sur les traces de Pinocchio. De la critique à la création ».

 La musique aussi avait été associée au texte dans le colloque Musiques du texte et de l’image publiés dans les mêmes conditions éditoriales en 1997, mais Les Métamorphoses  du conte (P.I.E-Peter Lang 2004), devaient surprendre par l’envergure de l’espace géographique considéré, depuis les bords de la mer Baltique jusqu’à l’Afrique (notamment avec, de Marie-Agnès Thirard, « Les romans « Adoras » ou les nouveaux contes de fées à l’africaine », ou de Danièle Henky, « L’inscription du motif de la force et de la ruse dans des contes africains du Gabon, du Sénégal et du Tchad ») et jusqu’aux terres d’outre-Atlantique (avec l’union du conte et de la musique aux Etats-Unis analysée par William Moebius). Ce volume serait surprenant aussi par le nombre des participants, parmi lesquels Bruno De La Salle, Catherine Velay-Vallantin, François Flahault, Muguras Constantinescu. Et dans ce contexte Michel Manson traitait de « Platon et les contes de nourrices », Jamel Eddine Bencheikh s’engageait dans « Les Mille et une nuits aux frontières de l’impossible », Henri Miquel s’interrogeait sur « Les arrière-pensées du conte », Enfin Nora Aceval témoignait des « Contes de femmes entre elles au Maghreb » et Christa Delahaye de « Tartarin ou la quête de la quiétude » ...

Changeant de média, Virginie Douglas qui n’occupait pas encore la fonction de secrétaire de l’Institut et devait s’interroger en 2003 sur les Perspectives contemporaines du roman pour la jeunesse, préfacerait en anglais le CDRom présentant les actes du colloque L’édition pour la jeunesse : entre héritage et culture de masse organisé à Paris (Eaubonne : IICP, 2005.)

Certes, on le constate, il n’est pas question de quiétude dans la recherche et, en tant que membre de la Children’s Literature Association américaine depuis 1983, j’amenai l’Institut à organiser à Eaubonne et à Paris en 1998 le congrès annuel de cette Association (cent quarante communications). Et il y aurait en 2008 le congrès de la FILLM à l’ENSSIB, auquel participerait une trentaine de chercheurs, dont Natividade Pirès du Portugal, Esther Lasso y Leon d’Espagne et Alexandra Zervou de Grèce...

 

V.  Elargir le labyrinthe : croiser les pistes et les regards mondialisés

Dans cette partie de parcours, il apparaîtra que se sont multipliés et élargis voyages et échanges dans ce que j’ai décrit dans un article intitulé « La lecture en zigzag ou la littérature de jeunesse au secours de l’enfance,[20] » Titre, vous l’imaginez certainement, inspiré par les déambulations en Suisse de Rodolphe Töpffer que nous a révélées Nelly Feuerhahn dans l’Encyclopedia Universalis ! Cette énergie, présente aussi dans les travaux d’Anne Schneider, a pu se solder par un autre changement de média comme dans la réalisation de l’étude Carnets d’illustrateurs accompagnée d’un CDRom qui donne une image directe du travail concret des dix illustratrices et illustrateurs sollicités en 2000[21]. Travail auquel je reviendrais dans un volume dirigé par Annie Renonciat avec l’article « Pictogénèse de l’album contemporain pour la jeunesse et conservation du patrimoine »[22], ou par la rédaction d’un guide, comme celui, publié en 2001 en collaboration avec Patricia Pochard,Guide des livres d’enfants de 0 à 7ans.[23] Il s’est agi aussi de ne pas perdre de vue la marche générale de l’édition et le passage « des écris aux écrans » et de s’associer aux travaux en cours dans ce domaine, comme par exemple à ceux de  Jean-Yves Mollier  dans Où va le livre ?[24]ou à des ouvrages plus généraux, commeL’Édition française depuis 1945 de Pascal Fouché[25]et même àL’Encyclopaedia Universalis en 2008.

Mais le plus important, de toute évidence, était d’aborder les problèmes de la mondialisation qui, de toutes parts, faisait rage. Démarche qui fut exécutée en deux temps avec l’aide des éditions du Cercle de la Librairie : dans un premier livre daté de 2008 intitulé Mondialisation et littérature de jeunesse dédié à « la jeunesse, vecteur de l’avenir » et le second Du jeu, des enfants et des livres à l’heure de la mondialisation de 2011 dédié à nos deux petites-filles et deux alors derniers petits-fils avec cette formule : « A celles et ceux qui aiment recommencer ». Et j’ajouterai ici : « Recommencer, mais sans répéter ! »

Dans le premier volume de 350 pages, il s’agissait d’abord d’un dilemme : « Consommer ou reprogrammer l’enfance : le Prince et le Pauvre entre Versailles et les banlieues. » Aux problèmes des inégalités sociales succédait celui de la répartition dans l’espace culturel : de « la Littérature entre mégapoles et déserts, « pour une écologie de l’enfance ». Le champ de l’édition donnait matière à un examen, alors que le livre était supplanté par les nouveaux médias. La rhétorique de l’émergence et de la convergence m’entraînait ensuite dans « le bleu des mers du sud », puis dans l’espace canadien. Les héritiers de l’Aéropostale, « petits princes de la douceur » nous poussaient plus loin de la Belgique à l’Australie. Je passerais un certain temps en Mongolie avec Jambyn Dashdondog, qui s’occupait à distribuer des livres à dos de chameau dans les déserts, (un poète malheureusement décédé cette année, comme sa nièce me l’a appris récemment). Je ferais aussi le « Paris-Bagdad » d’Olivier Ravanello, j’irais à Cordoue avec Rolande Causse, je prendrais la route du sud avec Little Lou de Jean Claverie et Un train pour chez nous d’Azouz Begag. Tea Kanaké remuerait toutes mes impressions de Nouvelle-Calédonie. Le japonisme délicat de Michelle Nikly, matières et nuances de la couleur, occuperaient de même mon regard. Lettres, idéogrammes supposaient « une émergence internationale des aveugles et des sourds », tandis que « féminin et masculin » nous faisaient passer « de la guerre des peuples au jeu de la Personne dans l’institution avec tragédies, comédies et fantaisies ». Il en résultait une « langue cosmopolite dans l’école de la République. La conclusion concernait une redéfinition permanente des identités (avec humour Pierre Cornuel « reformatait l’individu dans Bistouri Show ») et dans l’évolution des genres de plus en plus dominés par l’image et par la nécessité de redonner la parole à ces « gardiens de légendes », les conteurs, qui se situent loin du centralisme parisien. Enfin Vive la République (2005) de Marie-Aude Murail et Révolution (2003) de Sara portaient bien haut le drapeau du changement.

Le second volume de 400 Pages, trois ans plus tard, était placé sous l‘égide du Frédéric Nietzsche de « Consolation pour les débutants »

  « Soyez sans crainte ! Bientôt je pense. Vous pourrez voir danser l’enfant ! Dès qu’il saura se tenir sur ses deux pieds. Vous le verrez se mettre sur la tête. »

  Le livre se déclarait œuvre d’un « ludiste » dans un « éternel retour et « recommencement » et réinvestissait le domaine culturel en prenant en compte les besoins affichés de l’enfance entre « virtuel et chocolat », dans une convergence des médias qui les faisaient passer des « surprises de l’oeuf Kinder aux jeux de vidéos et des Pokémons. Noël, dernière utopie de l’Occident culturel, était passé au peigne fin dans le spectre des fantasmes d’un « primitif moderne. »  L’étude était fondée sur une enquête que je menais depuis plusieurs années sur le terrain en suivant les réactions des enfants d’une école d’Eaubonne : je lisais à ceux-ci le début de C’est le bouquet de Claude Roy (1983) en m’arrêtant au moment où les enfants sont tombés sur le tas de sable et en demandant à chacun de finir l’histoire à sa convenance. Le même exercice était proposé aux étudiants et enseignants en stage. Ceci afin de comparer les imaginaires ludiques des adultes et des enfants et leur goût respectif de la couleur. Je m’intéressais ensuite aux merveilles des livres animés ou à système et à la couleur, au carrefour des techniques, des styles et des théories. Du conte au théâtre pour la jeunesse montrant un « corps à l’œuvre, j’en arrivais « au kaléidoscope du roman mondialisé (avec Vango de Tomothée de  Fombelle et d’autres), puis à la poésie.

Je profitais tout particulièrement de l’étude des contes pour revenir à la littérature russe en présentant ma traduction du conte populaire « Oumnaia dotchka » (La Fille intelligente) que je traduisais par La Fine Mouche et que les éditions du Seuil-Jeunesse ont accepté de publier en 2011 : un complet fiasco éditorial, puisque la Revue des livres pour enfants n’a pas daigné la mentionner ! Il est vrai que les images gigantesques dissociées du texte, présentées sur une page à part, n’incitaient pas à la finesse (le tsar faisait plutôt penser à Ivan le Terrible) et une information en quatrième de couverture précisait de manière décourageante : « A partir de quatre ans » ! 

 

La conclusion générale du livre, « Engagement et « jeu de vivre » des Soviets à nos jours », dans une perspective critique, revenait à la Russie, en montrant comment celle-ci était passée d’une époque dans laquelle Samuel Marchak, éminent écrivain pour enfants et théoricien stalinien avait pu déclarer que l’on était heureux d’avoir « tué » Lidia Tcharskaia, auteur des Mémoires d’une institutrice, pour en venir à l’époque moderne dans laquelle Ludmila Oulitskaia, Prix Médicis Étranger en 1996, auteur des Contes russes pour enfants (Gallimard,  2006), pouvait diriger une série de huit livres traduits en anglais accessibles sur internet avec l’aide du Bureau de l’Unesco de Moscou. L’un de ces livres, intitulé La Famille chez nous et les autres, signée par Véra Timenchik, décrivait l’installation d’un adolescent Abkhaze dans un immeuble et la brutalité de la xénophobie et du racisme dominants : l’amitié d’un jeune voisin permettait le rapprochement de leurs deux familles et le traitement de certains sujets tabous en Russie, comme l’homosexualité.

Pour ce qui concernait les jeunes françaises et français, entre l’unanimisme marchand et la commercialisation universelle, d’un côté, et de l’autre, la crispation identitaire, il importait de revenir à « l’universalisme républicain » qui fonde l’Internationale de l‘enfance et pousse le critique à la modestie. Ce dernier devait s’en tenir à un Gai Savoir transformant le jeu des simples consommateurs de la société de spectacle en conscience critique des citoyens éclairés du monde. (p. 429)

 

VI. Voyager pour l’échange du bonheur : un nouveau Robinson des Lettres ?

Les véritables voyages du chercheur, c’est évident, sont facteurs de progrès culturels dans la mesure où la découverte d’autres littératures permet une mise à distance de ses propres préjugés et entraîne une « littérature comparée des littératures pour la jeunesse ». Il en est résulté, ici, de plusieurs articles :

Au Portugal en 1999, en traduction : «  Que diabo de Pai Natal » in Do Dragao ao Pai Natal  Communicacoes das Encontras Luso-Galaico-Francôfonos do Livro infantil.[26]

Au Maroc en 2002 : « La Littérature de jeunesse en France : horizon 2000 » in dir. Abdallah Mdarhi Alaoui : Littérature d’enfance et de jeunesse. De l’exemple occidental à la situation au Maroc.[27]

A l’université de Rhodes, chez Alexandra Zervou, conférence en 2003.

A l’université de Amherst, Massachusetts chez William Moebius aux USA : un parcours sous le signe du « Progrès du Pèlerin » de John Bunyan » (non publié) en 2004.

En Asie :

À Taipei, Taiwan, lors du congrès de la Société Asiatique de littérature de jeunesse 1998 : « Images of the family in Childhood Literature Or a Tempest in the genealogical Tree »,

ÀSeoul en Corée du sud en 2002 : « National Traditions and the Voice of the Other in French Children’s Publishing. Literature for the children of the videosphere.[28]

Àl’Institut international d'Osaka, pour la remise du Prix des Frères Grimm en 2001 : “The weight of a Butterfly’s Wing”, Conférence donnée en anglais lors de la remise du prix en décembre 2001.

Dans cet article, à partir de la peinture d’Hokusai « Le philosophe contemplant le vol de deux papillons », œuvre de 1814 ou 1819), et de la formule, selon laquelle le vol d’un papillon en Californie est susceptible d’entraîner une tornade  au Texas, je me suis mis à zigzaguer de papillon à papillon, depuis la course du Petit Chaperon rouge jusqu’à celle de Pinocchio, dans l’analyse de ces « produits de la pensée de l’écran » exposée par Anne-Marie Christin dans L’Image écrite[29], puis dans l’image d’un enfant chrysalide sur le point de muter dans le frontispice du poème « Les portes du paradis » de William Blake. Le mystère des métamorphoses de cette naissance programmée m’a entraîné d’une manière plus poétique, dans les contes de Fénelon, notamment dans « Les Abeilles et les vers à soie », et toujours plus loin dans le baroque du  Secrétaire intime de George Sand (1834), dans ses Contes d’une grand-mère, comme celui de « La Fée aux gros yeux », puis, encore plus loin dans l’histoire de la littérature pour la jeunesse, dans les illustrations de Nicole Claveloux (« Ce que disent les roses »), dans Les premières Découvertes Gallimard, dans l’univers de Frédéric Clément, de Michelle Daufresne, d’Alain Gauthier, de Jacqueline Duhème. Pour aboutir, avec la complicité du professeur Hatanaka à ce Tombeau des lucioles d’Isao Takahata (1988).   Voyage dans un Orient où il n’y avait aucun ennui...  

 

J’irais encore plus à l’ouest à Nouméa en Nouvelle-Calédonie au colloque de 2004 de la F.I.L.M. Littératures du Pacifique : “Littérature de jeunesse émergente : marginale ou centrale au cœur de l’institution?” [30]

 

Enfin, en rapportant directement vers le nord à Reykjavik en 2013 la moisson kanak récoltée pendant neuf années : l’article « The Kanak Identity in French Children’s Literature: Between Oral Culture and Globalisation.” Communication faite en anglais au congrès des pays nordiques « Cultural Minorities in Children´s literature ». Campus Cultural Project. Reykjavik, avril 2013.[31] Dans cette union du sud et du nord, j’avais l’impression de revivre et prolonger le travail effectué par Rhonda Bunbury et Gunvor Risa dans « Glace et soleil : les codes graphiques et la culture de l’album » ...

 

 Conclusion et Bouquet final du labyrinthe critique : pour une « translittérature » ?

Pour terminer et aussi en finir avec Henry James, il est évident qu’un labyrinthe peut, non seulement s’affranchir des frontières nationales, mais aussi des limites de texte à texte et de l’opposition littérature de jeunesse-littérature générale. Ainsi la source de The Turn of the Screw, quarante ans après ma soutenance de thèse, m’est apparue dans un livre largement traduit dans une dizaine de langues : Misunderstood (1869), (L’Incompris) de Florence Montgomery, écrivaine anglaise qui, cent ans plus tard, a inspiré au cinéma Incompreso (1966) de Luigi Comencini, ce « cinéaste de l’enfance. » Ce récit présenté comme « A Victorian Children’s book for adults » par Lynne Rosenthal[32] dans la revue Children’s Literature, brouille la limite entre livre pour adultes et livre pour enfants et raconte une histoire similaire à celle de Henry James. Il était admiré par Georges Du Maurier, ami du romancier américain et illustrateur célèbre de la revue satirique Punch : ce dernier écrivait à Lewis Carroll qu’il avait « versé des pintes de larmes » en lisant L’Incompris[33]. Il y avait là matière à l’itinéraire critique que je décris dans « Henry James Gambling on Ghosts : the Private Source of the Turn of the Screw » (Henry James spéculant sur les fantômes : la source privée du Tour d’écrou) publié en 2013 dans Henry James and the Poetics of Duplicity[34]. Un labyrinthe tortueux, certes, mais qui m’a conduit finalement chez Hans Eino Ewers pour parler des différentes versions du livre de Montgomery traduites en allemand Unswerstanden dans un colloque tenu à Francfort en 2014[35].  Les graines semées dans la recherche amènent toujours des pousses et des bourgeons aussi fertiles qu’imprévus... Et, comme Christiane Connan-Pintado l’écrit dans l’introduction de son étude Fortune des Contes des Grimm en France: « Dans le contexte non seulement européen, mais mondialisé, dans lequel se développe la littérature de jeunesse, on ne saurait se replier sur l’héritage national. » [36]

Sans fin donc la recherche ! Sur ce que l’on pourrait appeler une « littérature transcontinentale » ? Ou une translittérature ? Le mot m’a été suggéré par un article non encore publié d’Erik Roraback, professeur américain travaillant à Prague et qui vient de rédiger un article « Pondering Along with Ranjan Ghosh and J. Hillis Miller’s Thinking Literature Across Continents.[37]» (Méditant avec Ranjan Ghosh et J. Hillis Miller sur leur livre Penser la littérature de continent à continent » (2016) ...

 

Postscriptum :

Ah ! J’oubliais une certaine musique et, notamment, celle du Devin du village de Jean-Jacques Rousseau abordée dans :

  Jean Perrot, « Le Devin dévoilé, ou la philosophie sous le manteau de Jean-Jacques » in Jean-Jacques Rousseau, politique et nation, Actes du 2ème colloque international de Montmorency (27 septembre-4 octobre 1995) édités par le Musée Jean-Jacques Rousseau. Paris, Honoré Champion, 2001, pp. 525-538.

Un devin inspiré par une devineresse, celle de Thomas Corneille :

La Devineresse ou les Faux enchantementsécrite en collaboration avec Donneau de Visé et donnée en 1679.

 

Et le devin du philosophe se devait de produire de vrais enchantements...

 


[1]Morchida Kishimoto Tizuko, organizadora, O Bringar e suas teoris. Brazil, Säo Paulo, Pioneira, 1998, op. 33-53.

[2]  Perrot Jean, « L’avant- garde dans le littérature de jeunesse », Cahiers de Littérature générale et comparée 3-4 (Deuxième année), Publications de la S.F.L.G.C. Printemps-Automne 1978. Aix en Provence,1978, pp. 46-56.

[3]  Gaiotti Florence, « Effervescence créatrice et critique dans la littérature d’enfance et de jeunesse dans les années 70 : deux séminaires « témoins » de leur temps », Nouvelles perspectives en littérature de jeunesse : hommage à Denise Dupont-Escarpit, Collectif (auteur) Pierre Bruno et Bernadette Poulou (sous la direction de), Dijon, Editions universitaires, 2016, p. 30.

[4] . Numéro spécial de la revue Itinéraires et contacts culturels, vol. 18-19, 1995, pp. 219-233.

[5] Marcoin, Francis « Critiquer la littérature de jeunesse : pistes pour un bilan et des perspectives »,Le Français aujourd’hui, 2005/2 (N° 249), pp. 22-34.

[6] Lévèque Mathilde,« Panorama de la recherche en littérature de jeunesse en France, 2013-2014 »,  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01119063/document

[7]Perrot Jean, “Research and Children's Literature in France: A Crossroadsof disciplines”, Children's LiteratureAssociation Quarterly, Volume 29, Number 1-2, Spring/Summer. 2004, pp.109-126.

[9] Anzieu Didier, Le Corps de l’œuvre, Paris Gallimard, 1981.

[10] Perrot Jean,Jeux graphiques dans l'album pour la jeunesse, actes du congrès organisé par le Laboratoire Jeux et Jouets de l'Université Paris-Nord au Ministère de la Recherche du 4 au 7 juillet 1988. CRDP Académie de Créteil/Université Paris-Nord, juill. 1991, 280 p. ISBN-2-86918-047-XI.

[11]Perrot Jean, “The Twins as Storytellers in Erich Kästner’s Works for Children” in (Hrsg.) Bernd Dolle-Weinkauff, Hans-Eino Ewers, Erich Kâstners weltweite Wirkung als Kinderschiftsteller, Studien zur internazionalen Rezeption des kinderliterarischen Werks. Berlin: Peter Lang, 2002, pp.32-52.

[12] Perrot, Annie, « Le conte et les apprentissages conceptuels », Le Français Aujourd’hui,  N° 68, décembre 1984, pp. 17-23.

[13] Anzieu, Didier, Le Moi-Peau, Paris, Dunod, 1985.

[14]Vo.14, Number 3, Fall  1989, pp. 139-141.

[15]Repris dans Poetics to-Day, revue du Porter Institute de Tel-Aviv, Spring 1993.

[16]Plenary Speech in the 1997 IRSCL York Symposium 1997 in (ed.) Ann Lawson-Lucas The Presence of the Past in Children’s Literature. Westport, CT. Greenwood, 2003 : 205-216.  

[17] Baltrusaitis, Jurgis, Anamorphoses ou Perspective curieuses[Les perspectives dépravées, II], Paris : O. Perrin, Jeu savant, 1955. 

[18] Publié dans Klaus Ensikat, Exposition Imaginaires; Illustrateurs en Seine Saint-Denis, Centre de promotion du livre de jeunesse- Seine Saint-Denis, octobre 1993, pp. 46-56.

[19]Pictures, Play and Prose(for beginning Readers, Study Guide.Merlbourne Deakin University, 1990, pp. 33-63.

[20] Perrot Jean, « La lecture en zigzag, ou la littérature de jeunesse au secours de l’enfance », Actes du colloque de Châlons-en-Champagne des 24 et 25 octobre 2002, Interbibly : Bibliothèque, école : regards croisés sur les coopérations, pp. 47-74.

[21] Perrot Jean,Carnets d’illustrateurs. Paris: Les Éditions du Cercle de la Librairie, 2000, 240 pages et CDRom. ISBN 2-7654-0793-2.

[22]  Perrot Jean, “Pictogénèse de l’album contemporain pour la jeunesse et conservation du patrimoine” in (dir.) Annie Renonciat, L’Image pour enfants: pratiques, normes, discours (France et pays francophones, XVIe-XXe siècles). Poitiers: Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, UFR Langues, Littératures, La licorne, 2003, pp.31-55. ISBN 2-911044-78-9.

[23] Perrot Jean, Guide des livres d’enfants de 0 à 7ans, en collaboration avec Patricia Pochard. Paris : In Press, coll. “Lectures d’enfance”, 2001, 295 p. ISBN 2-912404-52-5.

[24] Perrot Jean, “Le dynamisme de l’édition pour la jeunesse“ in (Jean-Yves Mollier et collectif) Où va le livre?. Paris: La Dispute, 2002, pp. 109-139.

[25] Perrrot Jean, "La littérature de jeunesse, de l'écrit aux écrans" in L'Édition française depuis 1945, sous la direction de Pascal Fouché, Paris: Les Éditions du Cercle de la Librairie, 1998, pp. 227-249. ISBN 2-7654-0708-8.

[26] « Que diabo de Pai Natal in Do Dragao ao Pai Natal »  Communicacoes das Encontras Luso-Galaico-Francôfonos do Livro infantil. Porto Editores Campo das Letras, 1999, pp.45-55.

[27] Perrot Jean,« La Littérature de jeunesse en France : horizon 2000 » in (dir.Abdallah Mdarhi Alaoui : Littérature d’enfance et de jeunesse. De l’exemple occidentalà lasituation au Maroc, Casablanca, 2004 pp.17-42.

[28]  Perrot Jean, « National Traditions and the Voice of the Other in French Children’s Publishing. Literature for the children of the videosphere »,Fairy Tales and Translation, Vol. 12 December 2006, KonkuK University, Seoul, pp.378-390. 

[29] Christin Anne-Marie, L’Image écrite, Paris, Flammarion, coll. Idées et Recherche, 1995.

[30] Perrot Jean, Littérature de jeunesse émergente: marginale ou central au coeur de l’institution?” in (dir.) Sonia Faessel et Michel Pérez, Littératures d’émergence et mondialisation, actes du colloque de la F.L.L.M. à Nouméa du 19 au 24 octobre 2003; Paris: In Press, 2004, pp.345-359. ISBN 2-84835-055-5.

[31]Publié in Cultural Minorities In Children’s Literature and Verbal Culture, Xose A. Neira Cruz and Gro-Tove Sandmark (Ed.). University of Iceland and University of Santiaggo de Compostela, 2016, pp. 127-136.

[32]: Children’s Literature, Volume 3, 1974, pp. 94-102.

[33]« I am like you a great admirer of Misunderstood and cried pints over it. »  The Life and Letters of Lewis Carroll, Vol. 1, ReadHowyouWAntClassicsLibrary, 2008, p. 247.

[34]  Edited by Denid Treddy, Annick Duperray and Adrian Harding, Cambridge Scholars Publishing, 2013, pp 3-19..

[35]Perrot Jean, “Unverstanden: Death of a Child and Life of Children’s Literature”, in Kinder-und Jugendliteraturforschung international. Ansichten und Aussichten. Festschrift für Hans Eino Ewers, Herausgegeben von Gabriele von Glasenepp, Ute Dagmar und Bernd Dolle-Weinkauff. Kinder und Jugendkultur-literatur und-medien; Theorie-Geschichte-Didaktik Band 93 Peter Lang Edition, 2014: pp. 263-274. ISBN 978-3-631-64614-4.

[36] Connan-Pintado, Christiane et Tauveron, Catherine: Fortune des Contes des Grimm en France. Clermont-Ferrand: Presses universitaires Blaise Pascal, 2013, p.16.

[37]Roraback Erik, The article will appear in a special issue of the journal Interdisciplinary Literary Studies (Penn State University Press)