Retour sur l’animation de l’atelier d’écriture du 17 novembre 2019 au Figuier Blanc

Argenteuil, dans le cadre du spectacle Dchèquématte,

 

Une action de partenariat entre le FTVO et l’Institut International Charles Perrault

Atelier mené par Benoîte Vandesmet

 

L’atelier a été conçu comme l’antichambre de la représentation de la pièce Dchèquématte par la compagnie Rêve général ! pour plonger dans une histoire à se raconter en famille avant la grande histoire qui naît dans le noir de la salle de théâtre. J'ai posé le cadre de la création d'un héros ou d'une héroïne et de sa famille, dans une situation difficile pour commencer l'histoire, ce qui correspondait à la situation de base de Dchèquématte, et à beaucoup de situations de contes d'ailleurs (lors d’une discussion liminaire, les enfants ont fait le rapprochement avec le Petit Poucet assez vite!).

J’ai proposé d’inventer l’histoire d’une héroïne ou d’un héros et de sa famille grâce au hasard et à des cartes crées pour l’occasion. Sur un coup de dés, les cartes illustrées (6 cartes par catégorie) ont été tirées à trois reprises : 1er tirage : l’épreuve que doit traverser le héros//l’héroïne et sa famille, 2nd et 3ème tirages : le personnage qui apporte son aide et l’objet magique qui permet de conclure l’histoire de façon positive. Les cartes proposaient des éléments « passerelle » avec la pièce, à savoir, par exemple, la présence de bandits, la peur d’être enfermé, les personnages de l’araignée et de la baleine, des objets magiques tels le livre, le stylo ou encore le métaphorique arbre de la connaissance. La contrainte du tirage des cartes me semblait suffisamment forte pour permettre aux participants de faire progresser leur histoire en la rapprochant des thèmes abordés dans la pièce, à savoir l'aide d'un personnage et un objet qui permettent de transformer la situation de la famille. Je n'avais pas envie de paraphraser le texte mais de glisser des noms de personnages, des émotions qu'ils retrouveraient ensuite au cours du spectacle. J'ai préféré la dynamique de la narration et les thèmes qui la traversent à quelque chose qui aurait été plus de l'ordre de la citation, tel que je me le représentait en tous cas.

Enfin, il a été proposé à chacun de raconter ce qui a été inventé en famille. Seul un petit garçon n’a pas eu envie de raconter l’histoire écrite avec son père. Les participants étaient au nombre de 11 : 4 adultes et 7 enfants. Un père et son fils, un autre avec ses 3 enfants, une mère et sa fille, une autre avec ses deux enfants.

L’atelier s’est bien déroulé, avec une urgence pour moi : tenir tout son déroulement en une heure, ce qui est très court pour développer les consignes d’écriture souplement… J’avais prévu et chronométré chaque étape prévoyant les temps d’explication et les temps d‘écriture puis de restitution. La présence des parents a semble-t-il influé voire inhibé certains enfants et ce, malgré mes recommandations : « il s’agit d’inventer une histoire, peu importent l’orthographe et la syntaxe ! Ce qui est important c’est de s’amuser à inventer en s’aidant des tirages ». J’aurai sans doute dû être beaucoup plus « ferme » avec les parents dès le départ pour laisser plus d’espace aux pulsions conteuses/joueuses. Deux enfants se sont raccrochés à une histoire connue et ne sont pas allés piocher dans leur imaginaire, par peur de "mal faire" ou par manque de pratique imaginative. Le système des cartes pour raconter, est pourtant un bon support, rassurant, et qui permet d'ouvrir "des cases", mais là, ils ne se sont pas éloignés de l'histoire du film, malgré les incursions de la tempête de neige, du fou et des baskets ailées!

Il me semble que les participants étaient contents de leur séance, quant à moi je suis heureuse de les avoir amenés vers le spectacle en posant des éléments narratifs et thématiques, depuis cette très agréable salle de répétition qui donnait sur les toits d’Argenteuil.